Pourquoi jouer en position tardive est synonyme de gains plus importants

Se trouver en position tardive fait incontestablement pencher la balance en votre faveur. Lorsque vous parlez en premier, il vous faut deviner les intentions de vos adversaires. Mais en position tardive, vous savez comment tous les autres joueurs ont joué et, dans ce jeu, de telles informations vous mettent en position de force.

La position que vous occupez est un énorme coup de pouce en matière de dynamique stratégique. Si vous parlez en premier, vous êtes souvent obligé d’essayer de deviner les intentions ou les mains de vos adversaires. A l’inverse, en position tardive, vous savez pertinemment comment tous les autres joueurs ont joué et, dans ce jeu, de telles informations vous mettent en position de force. Comme précédemment, je vous donnerai des conseils sur les mains, mais j’aborderai principalement les concepts et tactiques que vous pouvez utiliser pour renforcer votre jeu et gagner des jetons grâces aux positions les plus puissantes du poker.

Prenez place

En général, la position tardive est celle immédiatement à droite du bouton (cut-off en anglais) et, selon la partie, la place suivante. Après le flop, la position tardive, peut naturellement être n’importe quelle place de la table où vous parlez en dernier.

En ce qui concerne votre jeu pré-flop, gardez à l’esprit qu’il vous faut tenir compte de ceux qui parlent entre vous et le bouton. Dans certaines parties, en présence de joueurs passifs, vous pouvez ouvrir le pot à une ou deux places du bouton avec des mains inférieures à la normale ; si des joueurs relâchés ou agressifs se trouvent derrière vous, vous devez jouer plus serré et, ce, à partir du cut-off uniquement, et parfois, au bouton.

Il est difficile de donner des conseils spécifiques sur les mains, car parfois, en position tardive, vous pouvez jouer deux cartes quelles qu’elles soient. Par exemple, lorsqu’un tournoi touche à sa fin et que les blinds sont plutôt élevés, en présence de joueurs serrés/faibles, vous pouvez ouvrir le pot avec une relance à partir du cut-off ou du bouton avec deux cartes quelles qu’elles soient.

Dans la plupart des parties, si vous annoncez parole en position tardive, vous devez ouvrir avec une relance. Cela se justifie par la probabilité élevée de prendre les blinds non disputés et de prendre la tête après le flop. Seulement dans le cas où les blinds protègent ou relancent régulièrement face à un relanceur en position tardive, vous pouvez envisager d’avoir recours au limp.

En règle générale, vous pouvez jouer toute main possédant une valeur “jouable”. C’est-à-dire toute paire fermée, deux cartes hautes supérieures à dix, deux cartes consécutives assorties et toute main telle que A ? 5 ? qui ont une cote implicite très élevée si vous touchez le flop. En gros, deux cartes, quelles qu’elles soient, du moment qu’elles sont liées entre elles. Il vous suffit de vous adapter à la situation et au déroulement de l’action. S’il y a beaucoup de joueurs dans le pot, une main telle que A-9 assortie est souvent jetée, car elle ne permet pas de jouer à plusieurs joueurs. Si un joueur serré a ouvert le pot avec une relance, vous devez jouer plus serré encore et rarement entrer dans le pot à moins de vouloir faire suivre les autres joueurs. Si le pot n’est pas ouvert, vous disposez alors d’un très large choix de mains.

Si vous êtes sur le bouton et qu’un ou plusieurs joueurs ont suivi pré-flop dans le pot, de nombreuses possibilités s’offrent alors à vous. C’est une situation idéale pour jouer une main qui fonctionne bien dans un coup à plusieurs joueurs, comme une petite paire fermée ou des consécutives assorties. Vous pouvez même envisager une relance pour “engraisser le pot” puisque vous êtes dans une situation très favorable. Vous pouvez également punir les limpers et essayer de remporter le pot immédiatement avec une relance à hauteur convenable. Souvent, vous devez suivre avec une mise significative sur le flop en continuant de faire croire que vous possédez une bonne main.

Cette stratégie ne peut toutefois pas être utilisée trop souvent face à des adversaires observateurs, mais elle est souvent très efficace. Une dernière possibilité consiste à suivre pré-flop au bouton avec deux cartes quelles qu’elles soient, ceci peut s’avérer judicieux lors de parties où les tapis sont plus volumineux. L’idée ici est que vous pouvez prétendre à de nombreux pots après le flop lorsque les autres joueurs ne parviennent pas à réunir une main. Le bouton est déterminant au No-Limit Hold’em, utilisez-le souvent, soyez agressif et faites souffrir ces perdants serrés/faibles qui osent à peine parler.

Voler des blinds au nez et à la barbe de vos adversaires

Voler des blinds est un élément essentiel de l’arsenal dont dispose n’importe quel joueur au No-Limit Hold’em. La position tardive est la plus facile pour parvenir à vos fins en raison du nombre réduits de joueurs entre vous et votre objectif de gagner les blinds et les antes non disputés. Ne considérez pas cela comme un automatisme de jeu comme certains joueurs, mais plutôt comme une véritable science en tant que telle. Tenez compte des joueurs des blinds et de la façon dont ils vont probablement défendre leurs blinds ou, pire, dont ils vont relancer pour essayer de vous les voler à leur tour.

Il peut s’avérer dangereux d’essayer de voler des blinds de petits tapis car de tels joueurs cherchent toutes les occasions pour prendre position, et, à l’inverse, les gros tapis peuvent se permettre de faire un pas vers vous ou de voir un flop, par conséquent, les joueurs disposant de tapis de taille moyenne sont souvent les victimes idéales. Toutefois, les meilleures indications pour s’emparer d’un blind sont le type et les caractéristiques du joueur. Recherchez des joueurs serrés, prévisibles qui jouent uniquement en possession d’une véritable main.

Suivre une relance effectuée par un relanceur en position hâtive alors que vous êtes en position tardive, généralement au bouton, peut vous ouvrir un grand nombre de portes qui s’avéreront précieuses ultérieurement dans la main. Plus les tapis que vous et le relanceur jouez sont volumineux, plus cette tactique s’avère payante. Cela s’explique par le fait que vous avez une cote implicite plus importante, c’est-à-dire des gains plus élevés, lorsque vous obtenez une main, ainsi qu’une plus grande possibilité de manÅ“uvre lors des tours d’enchères suivants pour remporter le pot.

Gardez bien cela à l’esprit pour des mains telles que 6-7 assorties qui peuvent se transformer en une grosse main et sont susceptibles de s’avérer gagnantes face aux cartes du relanceur initial, probablement une grosse paire ou deux cartes hautes. Face à des joueurs faibles/serrés qui abandonnent leurs mains trop facilement après le flop, vous pouvez suivre avec des mains très faibles. Toutefois, veillez à ne pas surestimer votre capacité à jouer post-flop et ne soyez pas persuadé que le pot se jouera en tête à tête et qu’il y aura beaucoup d’argent.

Adopter une tactique de pré-flop consistant à relancer est une technique très agressive qui peut être redoutablement efficace, mais comporte une véritable part de risque. Cette tactique peut être utilisée, par exemple, lorsqu’un joueur agressif ou relâché a ouvert le pot en position intermédiaire ou tardive alors que vous êtes au bouton. En relançant dans ce pot, avec deux cartes quelles qu’elles soient, vous avez souvent de grandes chances de remporter le pot immédiatement, car vous prétendez avoir une main très forte.

L’inconvénient de cette tactique est qu’elle implique de miser un nombre important de jetons étant donné que vous devez sur-relancer assez haut pour éviter que le relanceur initial ne relance pour toucher ses mains. S’il a une très bonne main, vous n’aimerez pas la réponse que vous obtiendrez, mais si vous avez choisi le bon joueur, vous remportez généralement le pot. Une technique encore plus énergique basée sur cette tactique que nous venons d’évoquer est ce qu’on appelle le “squeeze play”. C’est une tactique très risquée utilisée par les professionnels que je vous conseille d’essayer et d’intégrer à votre jeu. Les occasions de l’utiliser sont rares, mais quand elles se présentent et si vous l’utilisez à bon escient, je vous garantis que vous aurez l’impression d’être le roi du monde !

Cette tactique peut être utilisée lorsqu’un joueur, en général de type relâché, a ouvert le pot et qu’au moins un autre joueur a suivi la relance d’ouverture. Vous avez alors la parole en dernière position et vous effectuez une très grosse sur-relance, peut-être de quatre ou cinq fois la relance initiale avec deux cartes quelles qu’elles soient. Cette action donne à vos adversaires une impression de toute puissance, car c’est exactement le type de mise que l’on fait avec une main comme des as ou des rois. Si le relanceur initial n’a pas une main énorme, vous gagnerez quasiment toujours le pot immédiatement. En effet, vous prenez littéralement en étau le second joueur du pot qui aurait sur-relancé s’il avait eu une grosse main et qui a très probablement une main avec laquelle il ne peut pas suivre votre grosse mise.

Floppage

Sur le flop, continuez à tirer parti de votre position pour être l’agresseur et mettez la pression sur les autres joueurs. Avoir recours au “floating” sur le flop est une tactique légitime qui peut s’avérer payante lorsqu’elle est utilisée au bon moment. Ceci implique de relancer sur le flop, même sans aucun jeu, avec l’intention de remporter le pot au tournant. Cette tactique s’applique aux pots en tête à tête et s’avère particulièrement efficace face à un grand nombre de joueurs débutants qui font des mises de continuation sur le flop comme sous l’emprise d’une véritable compulsion religieuse, puis qui annoncent parole au tournant s’ils ont des doutes sur leur main.

Veillez toutefois à ce que votre “scénario” soit assez convaincant, cette tactique n’en sera que plus réussie lorsque le tournant donnera à votre adversaire une raison de s’inquiéter. Par exemple, s’il y a deux cartes de même couleur sur le flop, vous suivez et la troisième carte de même couleur arrive au tournant, ce qui est pour vous synonyme d’une véritable renaissance. En revanche, d’autres joueurs déchantent, car leur super main de départ va soudain leur sembler bien misérable. Un autre exemple est lorsque le flop est petit mais que le tournant est un as ou même un roi. Si votre adversaire est en possession d’une main comme les dix ou les valets et que vous êtes prêt à miser sur cette grosse carte, vous obligez votre adversaire à prendre une décision très difficile.

Voici donc des concepts et tactiques que vous pouvez utiliser lorsque vous vous trouvez en position tardive. N’oubliez pas qu’il n’est pas nécessaire d’opter pour des tactiques agressives et que si vous jouez dans des parties où vos adversaires détestent se coucher, vous devrez réduire le nombre de tactiques que vous utilisez. Mais, en position tardive ou lorsque vous annoncez parole en dernier, vous devez vous montrer agressif et fort; tout en restant aux aguets.

Vous devez sans cesse être à l’affût des opportunités de remporter les pots dont personne ne veut. N’oubliez pas que les joueurs qui parlent avant vous, vous donnent des informations précieuses avec leurs actions. Décelez les faiblesses prenant la forme de checks ou de petites mises et attaquez par des mises et des relances. Naturellement, il vous faudra tenir compte des joueurs dans le pot avec vous, comme ceux qui ont souvent recours au check-raise, lorsque vous devrez réduire la fréquence de vos bluffs. Mais faites également attention au tableau, D-5-2 arc-en-ciel vous donne plus de chances de remporter le pot que V-10-9 avec deux cÅ“urs qui pourraient permettre à quelqu’un de tirer ou de vous piéger.

La position tardive est, pour vous une chance, de jouer au vrai poker, de voler, d’agresser, de faire sortir les autres joueurs de leurs zones de confort et d’élaborer des tactiques créatives. Soyez audacieux et courageux, soyez l’homme de la situation.