Comment jouer une top paire

Quand vous avez touché une top paire et que quelqu’un vous fait sortir, vous risquez bien de maudire votre chance. Mais vous devez comprendre que le Limit Hold’em est un jeu de poursuite. Comme vous êtes un bon joueur, vous vous ferez sortir davantage qu’un mauvais joueur.

Heureusement, il y a toujours moyen de défendre votre main et de faire payer au maximum vos adversaires, tout poursuivants qu’ils sont. Si vous êtes bon, vous pouvez également maximiser vos gains. Si, au No-Limit Hold’em, toucher une top paire n’est pas forcément une chance, au Limit Hold’em, cela suffit souvent pour gagner le pot.

Evidemment, plus il y a de joueurs impliqués dans la main, moins il y a de chances qu’une paire l’emporte. Le truc est de gagner autant que vous le pouvez lorsque votre top paire est gagnante et de perdre aussi peu que possible lorsque vous vous faites sortir ou juste battre platement. Cela peut sembler évident, mais beaucoup de joueurs ont tendance à oublier cette simple vérité.

Lorsque vous touchez une top paire, vous devez évaluer votre main.

  • Risquez-vous de voir une main pire que la vôtre agir ?
  • Votre acolyte est-il aussi bon que vous le croyez ?
  • Vous faut-il protéger votre main ?
  • Le tirage est-il menaçant ?
  • Quelle est votre position et quelle est la meilleure façon de procéder ?

Disons que vous êtes en position hâtive et que vous touchez une top paire avec un bon acolyte. Vous êtes assez sûr de mener le jeu. Comment protéger au mieux votre main ?

Tout d’abord, vous devez déterminer où se trouve le miseur le plus probable. A votre droite ou à votre gauche ? S’il est à votre gauche, pensez-vous pouvoir miser et le pousser à relancer le reste des joueurs ? Ou, s’il se trouve à votre droite, vous pouvez peut-être faire jouer un check-raise pour l’isoler et éliminer le reste des joueurs.

Avant d’agir, je vais tenter d’évaluer la force et la vulnérabilité de ma main.

  • Ma main : J-9 de pique sur le gros blind
  • Quatre autres joueurs décident de voir le flop.
  • Le flop tombe : J – 2 – 2
  • Le relanceur était un joueur agressif en position intermédiaire.

Je vais miser, pour voir la réaction des autres joueurs. Ils se couchent l’un après l’autre, jusqu’à ce que le relanceur pré-flop décide de relancer. Tous les autres joueurs se retirent et c’est à mon tour d’agir.

Que faire ?

C’est une place très inconfortable. Quel pourrait être le jeu de mon adversaire ? Il pourrait bien avoir une paire supérieure, ce qui risque de me mettre dans de sales draps, mais il se peut également qu’il ait A-K et qu’il bluffe à demi.

C’est là qu’il devient très utile de connaître un peu son adversaire. En règle générale, je sur-relance ou me couche. Dans ce cas, mon adversaire est joue serré et se montre agressif. Comme personne d’autre n’a continué avec la main, le pot ne semble pas très gros et je vais probablement me montrer plus prudent et me coucher.

Beaucoup d’entre vous doivent penser que cette tactique est trop frileuse et vous avez peut-être raison, mais n’oubliez pas que mon adversaire est du genre pas commode. Il va probablement tirer une balle au tournant et à la rivière et, sans savoir ce qu’il trame, je me trouve à une place peu enviable.

Cette main illustre l’une des raisons pour lesquelles je déteste jouer des mains hors position. Admettons qu’un joueur agressif, qui a l’habitude jouer la plupart de ses mains, relance sur le bouton, en quoi cela modifierait-il ma façon de jouer la main ?

Dans ce cas, je ne suis pas convaincu que mon adversaire ait une grosse main. Il joue relâché et au bouton. J’annonce parole, en espérant et en comptant sur le fait que le joueur agressif sur le bouton va miser. S’il mise, je tente un check-raise, en me débarrassant ainsi des mains qui risqueraient de me faire perdre.

A présent, j’ai isolé le joueur relâché et agressif. S’il mise une troisième fois, je vais probablement continuer avec ma main. Je vais peut-être même suivre et dégainer de nouveau au tournant si la carte qui sort est un “blank”. Je joue cette main sur la rivière à cause de l’image que j’ai de mon adversaire. Cette fois-ci, s’il a une grosse main, j’aurai juste à me coucher.

Il peut s’avérer difficile de jouer hors position, c’est pourquoi je trouve toujours des excuses pour jouer des mains en position et ne pas le faire hors position. Lorsque vous jouez hors position, vous êtes vulnérable face à un demi-bluff. Vos adversaires vont relancer dans l’espoir que vous vous couchiez ou d’obtenir une carte gratuite au tournant. Si vous touchez une top paire, vous devez vous préserver de ce genre de situation. Il n’y a rien de pire que de donner une carte gratuite à des adversaires qui vous pourchassent.

Exemple 2

Vous relancez en position intermédiaire avec A-Q et deux joueurs vous suivent, y compris celui sur le bouton.

Le flop : A♥ 7♥ 10♠. Vous misez et votre adversaire sur le bouton relance. Que peut-il bien avoir ?

Il a pu toucher deux paires, un brelan, une top paire, voire une main incomplète. Contre le demi-bluff, les deux meilleures méthodes de défense sont de se coucher ou de relancer. La pire option est souvent celle de relancer, mais, dans ce cas, je vais miser et, si mon adversaire relance, je suis. Si la carte qui sort au tournant est un “blank”, je dégaine, en m’assurant qu’il n’obtient pas la carte gratuite.

S’il effectue un “smooth call” (il suit avec une main qui mérite une relance), cela me permet d’annoncer parole à la rivière et de l’obliger à bluffer. J’annonce parole uniquement s’il est capable de bluffer. Je ne veux pas perdre cette mise de valeur à la rivière.

En position, jouer une top paire est bien plus facile. Vous pouvez manipuler la table et lui faire faire ce que vous voulez. Suivant l’action du pré-flop et mes adversaires, je peux jouer une top paire de différentes façons. S’il y a une chose pourtant que je ne vais pas faire, c’est annoncer parole. Si mes adversaires annonce parole, je mise.

En règle générale, si quelqu’un mise, je relance, même si, de temps en temps, j’attends le tournant pour relancer. Certains joueurs commettent l’erreur de sous-jouer une top paire dans un pot multi-voies. Vous devez bien comprendre que même si vous pouvez être favori par rapport à un joueur, vous ne l’êtes probablement pas par rapport à l’ensemble des autres joueurs, en particulier si la table compte plus de trois joueurs.

Une bonne tactique avec une top paire est de relancer au tournant avec une main dont vous n’êtes pas très sûr. A cause du pot et de votre main, vous ne pouvez pas vous coucher, mais vous n’êtes pas sûr à 100 % que vous êtes en train de gagner.

Exemple 3

Votre main : Q-J sur le bouton. Vous relancez et trois joueurs suivent.

Le flop : Q-9-3. Vos adversaires annoncent parole et vous misez.

Le gros blind agressif joue un check-raise et tous les autres se couchent. Il est connu pour le faire sur des mains incomplètes, il a donc peut-être J – 10, mais bien sûr il pourrait aussi avoir K-Q ou A-Q et, dans ce cas, vous vous feriez sortir. Comme vous êtes en position, vous pouvez tenter un ”smooth call” et voir comment la main réagit.

Au tournant, un 5 sort et votre adversaire mise de nouveau. Là, c’est une place où je me couche ou bien où je relance. Si je pense que je suis battu, je laisse tomber. Si je pense que je suis en train de gagner, je relance. Si je ne suis pas sûr, je relance. La raison de ma relance est toute simple. J’ai décidé de le suivre, mais, en relançant au tournant, je conserve un avantage. Si je me contente de suivre au tournant et à la rivière, je risque deux grosses mises.

Si je relance au tournant, il va probablement annoncer parole à la rivière et je pourrais annoncer parole derrière si ma main ne s’améliore pas. Dans un cas comme dans l’autre, je risque deux grosses mises. Si j’améliore ma main à la rivière en tirant mon acolyte et que je constitue une double paire, je peux miser et gagner une super grosse mise. En outre, si mon instinct est juste et qu’il avait une main incomplète, je lui ai fait payer le maximum.

En fin de compte, le Limit Hold’em est un jeu d’acolytes. Vous voulez toujours un bon acolyte pour aller avec votre top paire. J’adore relancer ou me coucher. Si vous pensez être en tête, foncez et relancez. Si vous êtes à la traîne, n’hésitez pas à vous coucher, à moins, bien sûr, que votre cote vous incite à poursuivre.

Pour gagner la partie, il est impératif d’apprendre à connaître ses adversaires. Si, chaque fois que vous touchez une top paire, quel que soit votre acolyte, vous allez à l’abattage, vous allez avoir beaucoup de mal à remporter la partie. Avec une top paire sans acolyte, vous ne voulez pas trop prendre de risques. Contre certains joueurs, J-2 avec J-9-6 en cartes communes, représentera la meilleure main possible, mais contre d’autres joueurs, K-Q avec Q-10-7 en cartes communes, n’aura absolument aucune valeur.

Observez bien vos adversaires et essayez de deviner les mains qu’ils jouent à chaque position. Quelles sont les mains avec lesquelles ils suivraient et relanceraient ? Quelles sont celles avec lesquelles ils relanceraient ? Cela vous aidera à savoir si vous êtes vraiment en tête lorsque vous touchez une top paire. Lorsque vous savez où vous vous situez dans la main, il est bien plus facile de déterminer la meilleure tactique à adopter.